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Enseignements catholiques

L'expérience et l'intelligence de la foi


Réflexion sur l’article « Le bien n’est pas le contraire du mal » de Jean-Claude Guillebaud

Publié par Serge Martin AINADOU sur 10 Décembre 2021, 20:29pm

Voir l'article de Jean-Claude Guillebaud, Le bien n’est pas le contraire du mal

 

Je voudrais creuser le problème des catégories antithétiques et sémantiques qui se glissent trop vite dans nos cadres.

 

Seul Dieu est le bien absolu  par excellence. Établir un rapport de proportionnalité ici avec un autre  principe qui lui soit opposé serait une erreur.  En dehors de cette mise au point nécessaire, beaucoup de courants hérétiques condamnés par l'Église refont insidieusement surface en faveur- je m'excuse du peu- d'une insuffisance certainement en philosophie. Ce n'est pas que le manichéisme qui est pointé dans le débat. Il y a aussi le gnosticisme teinté d'un certain néo-platonisme contemporain, puis un certain  puritanisme de plus en plus envahissant, faisant de  l'homme un être à l'origine de son Salut.

 

Revenons sur la question des principes de contradiction.

 

La question des principes de contradiction en philosophie servant à opposer deux propositions antithétiques semble devenir, à mon avis, trop simpliste. Si on peut dire, par exemple, d'une personne qui ne dit pas la " vérité " que cette personne ment, pour autant cela suffirait-il pour établir un rapport d'équation mathématique entre la vérité et le mensonge ? Par principe en métaphysique, davantage et notamment avec saint Thomas d'Aquin, on sait que le contraire de la vérité, ce n'est pas le mensonge; mais c'est l'erreur.

 

Quels sont alors les écueils  épistémologiques que doit enjamber avec effort celui qui oppose fanatiquement ou paresseusement la vérité au  « mensonge », ou bien le bien absolu  au mal absolu, la lumière aux ténèbres… pour éviter de sacrifier sur l'autel de la naïveté  la question des degrés de l'être et de ses qualités, souvent subtile ?

 

Ces écueils à franchir contre une certaine crédulité naïve, ce sont, par exemple, le jugement de la raison droite qui sait discerner. Le texte de l'homélie du confrère en parle nettement. On a l'impression que ce travail intellectuellement super exigeant n'est pas toujours réussi puisque son succès, je pense, dépend en grande partie de l'opération de la vertu pratique de l'intelligence que nous appelons la prudence.

 

Conséquence ! Le jugement soit est biaisé, soit est erroné, soit est spécieux. Et c'est le cas le plus courant. Cela prend une apparence de vérité tandis que les prémices sont faussées. Conséquence ! On veut combattre le mal absolu, au nom du "bien" absolu, mais paradoxalement, le mal absolu  qu'on prétend combattre, on le combat  avec les instruments du mal absolu sans toujours s'en apercevoir.

 

Or il faut que le bien reste absolument et ontologiquement le bien pour ne pas s'identifier au mal, car le bien ne sera jamais le mal et le mal ne sera jamais le bien. C'est la logique du fanatisme politique ou du fanatisme religieux avec ses revers manichéistes ou puritains ou…. C'est la logique des idéologies, amas d'erreurs opposées à la vérité. C'est la logique des demi-vérités qui fascinent d'autant plus facilement qu'elles n'exigent pas grand effort d'esprit critique. C'est l'entre-deux entre la vérité et le mensonge. Une équation pourtant inexacte. C'est la logique des formules simplistes ou bien des clichés tout faits, passe-partout.

 

Serge Martin AINADOU

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