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Enseignements catholiques

L'expérience et l'intelligence de la foi


Homélie du 29 août 2021, 22e dimanche B

Publié par Père Adechina Samson TAKPE sur 27 Août 2021, 20:26pm

Catégories : #Prédications

(Télécharger l'homélie en format Word ou en format PDF)

 

Thème: L’importance du cœur dans la relation avec Dieu

 

Sommaire

1.    La question du cœur dans les textes du jour  2

2.    La leçon donnée à Samuel par Dieu lui-même sur l’importance du cœur. 3

3.    David comme exemple de bon cœur. 3

4.    Le bon larron comme exemple de bon cœur. 4

5.    Le paysan d’Ars comme exemple de culte du cœur. 5

6.    Le vieux Simon comme exemple de culte du cœur. 5

7.    La vendeuse de Francfort comme exemple de culte du cœur. 6

8.    « Donnez plutôt en aumône [à Dieu] ce qui est au-dedans [votre cœur], et alors tout sera pur pour vous. » (Lc 11, 41). 7

 

 

 

  1. La question du cœur dans les textes du jour

« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »

En partant de ce verset de l’Evangile du jour, nous parlerons aujourd’hui de l’importance du cœur dans la relation avec Dieu. J’ai pris ce verset, parce qu'il est celui qui exprime le mieux le thème. Sinon que la question du cœur parcourt tous les textes du jour.

Lorsque dans la première lecture par exemple, comme en plusieurs autres endroits du livre du Deutéronome, Dieu dit « écoute, Israël », il ne s’agit pas seulement d’une écoute avec les oreilles mais d’une écoute avec le cœur. Parce que lorsqu’on écoute seulement avec les oreilles, ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre ; tandis que lorsqu’on écoute avec le cœur, ça descend en profondeur et ça reste.

Le psaume du jour dit : « Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? (…) Celui qui dit la vérité selon son cœur. »

Dans la deuxième lecture, saint Jacques dit : « Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes.  » Si la parole est déjà semée en nous, pourquoi encore nous inviter à l’accueillir avec douceur ? C’est qu’elle a été semée dans la force de la prédication, les oreilles l’ont entendue ; et maintenant, il faut que le cœur l’accueille dans la douceur et le calme.

Dans l’Evangile, l’importance du cœur est clairement affirmée : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Puis : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » Alors, chers frères et sœurs, aujourd’hui nous traiterons de l’importance du cœur dans la relation avec Dieu. Prenons d’abord des exemples dans la Bible.

  1. La leçon donnée à Samuel par Dieu lui-même sur l’importance du cœur

C’est au prophète Samuel que pour la première fois Dieu lui-même donne une leçon magistrale sur la prééminence du cœur. Après avoir rejeté Saül qui n’avait pas écouté sa parole, il dit à Samuel : « Emplis ta corne d’huile et pars. Je t’envoie chez Jessé le Bethléémite, car j’ai vu parmi ses fils le roi qu’il me faut. » (1 S 16, 1). Et vous connaissez la suite… Samuel est tout de suite séduit par l’apparence physique de l’un des fils de Jessé. Mais le Seigneur lui dit : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1 S 16, 7). Les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. Et c’est là la clef du choix de Dieu, le cœur. Tous ceux que Dieu a élevés dans la Bible, c’était le critère décisif de leur élévation. Et jusqu’aujourd’hui, ce critère n’a pas changé, parce que Dieu est le même, hier, aujourd’hui et à jamais. Alors, si tu veux que le Seigneur t'élève, cultive un bon coeur....

Si David a un bon cœur et que c’est pour cette raison que Dieu l’a choisi, la suite de sa vie devait pouvoir en témoigner. Et voici comment :

  1. David comme exemple de bon cœur

David était au service de Saül, parce qu’il savait jouer de la cithare (cf. 1 S 16, 14-23). Après la victoire de David sur Goliath, les femmes sortent de toutes les rues d'Israel et se mettent à danser en se renvoyant ce refrain : « Saül a tué des milliers, et David, des dizaines de milliers. » Saül le prend très mal et, très irrité, il dit : « À David on attribue les dizaines de milliers, et à moi les milliers ; il ne lui manque plus que la royauté ! » (1 S 18, 7-8). A partir de ce jour, Saül va tenter à plusieurs reprises d’assassiner David ; mais il n’y arrivera pas (1 S 18, 10-16 ; 19, 8-10 ; 19, 11-17), parce que l’onction reposait déjà sur David. Que l'onction divine de protection repose sur toi qui lis cette méditation ! Finalement, David comprend qu’il faut fuir (1 S 20-23). Le roi, qui avait réellement décidé sa perte, se met à ses trousses avec trois mille hommes, l’élite de l’armée d'Israël (cf. 1 S 24). La parole de Dieu dit que Saül était entré dans une caverne pour se mettre à l’aise. Or, au fond de cette caverne étaient cachés David et ses compagnons. Pour ceux-ci, l’occasion tant rêvée était là pour en finir avec Saül. Alors ils disent à David : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : ‘Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.’ » Mais David répond : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Et David coupe juste le pan du vêtement de Saül pour lui montrer qu’il aurait pu le tuer s'il l'avait voulu mais ne l'avait pas fait (1 S 24). Une autre fois, Saül et ses hommes étaient tellement épuisés à la poursuite de David qu’ils étaient tombés dans un profond sommeil. Alors, un des hommes de David lui dit : « Aujourd’hui Dieu a livré ton ennemi entre tes mains. Laisse-moi donc le clouer à terre avec sa propre lance, d’un seul coup, et je n’aurai pas à m’y reprendre deux fois. » Mais David répond : « Ne le tue pas ! Qui pourrait demeurer impuni après avoir porté la main sur celui qui a reçu l’onction du Seigneur ? » Et il prend juste la gourde d’eau de Saül ainsi que sa lance pour lui montrer qu’il aurait pu le tuer mais ne l’a pas fait.

  1. Le bon larron comme exemple de bon cœur

Lorsqu’on parle de la bonté du cœur, on ne veut pas dire nécessairement qu’il  y a absence de péché ou que l’individu n’a pas ses faiblesses. Pour preuve, David dont nous venons de parler a eu aussi ses faiblesses, mais même dans ses faiblesses, il avait une telle sincérité, une telle humilité, une telle crainte de Dieu ! Ce point nous conduit à un autre exemple, celui du bon larron. Le bon larron crucifié à droite de Jésus avait certainement passé toute sa vie à pécher. Mais au fond de lui, il avait encore un bon cœur. Lorsque le second malfaiteur crucifié avec Jésus l’insulte, le bon larron lui dit : « Pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » (Lc 23, 39-43). C’est cela un cœur bon, c’est-à-dire un cœur sincère, humble, sans hypocrisie ni méchanceté.

  1. Le paysan d’Ars comme exemple de culte du cœur

« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte. » Le Seigneur veut que nous ayons un bon cœur et que nous lui rendions un culte qui vienne vraiment du cœur. Faisons comprendre cela à travers l’exemple du paysan d’Ars. Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney, raconte : « Dans les premiers temps où je me trouvais à Ars, il y avait un homme qui ne passait jamais devant l'église sans y entrer. Le matin quand il allait au travail, le soir quand il en revenait, il laissait à la porte sa pelle et sa pioche, et il restait longtemps en adoration devant le Saint Sacrement. J'aimais bien ça. Je lui ai demandé une fois ce qu'il disait à Notre-Seigneur pendant ces longues visites qu'il Lui faisait. Savez-vous ce qu'il m'a répondu ? « Monsieur le Curé, je ne Lui dis rien, je L'avise et Il m'avise. Je Le regarde et Il me regarde ».[1] Contrairement au paysan d’Ars qui durait devant le tabernacle, un autre faisait plutôt des visites éclair mais ne fut pas moins agréable à Dieu.

  1. Le vieux Simon comme exemple de culte du cœur

Un curé avait remarqué que chaque midi un homme venait à l’église et repartait presque aussitôt. Cela l’inquiétait un peu. Il demanda à son sacristain de le questionner : « Que venez-vous faire dans l’église, chaque jour ? — Je viens prier, dit calmement le vieillard. — Allons donc ! Vous ne restez pas assez longtemps pour cela, vous ne faites qu’aller jusqu’à l’autel et vous repartez aussitôt. — C’est exact. Moi, je ne sais pas faire de longues prières. Pourtant, je viens chaque jour à midi, voir mon ami, je m’approche du tabernacle et je lui dis : “Jésus !… C’est Simon !” C’est ma façon de prier. C’est une petite prière, mais je sens qu’il m’entend, et cela doit le réjouir. »

Peu de temps après, le vieux Simon est frappé durement par un camion et conduit à l’hôpital. L’infirmière qui le soigne est étonnée de sa bonne humeur et lui demande : « Malade comme vous l’êtes, comment pouvez-vous montrer un visage toujours souriant ? — C’est à cause de mon ami qui vient me visiter. — De visiteur, je n’en vois pas. Quand donc vient-il ? — Tous les jours, à midi, il se tient là, au pied de mon lit, et il me dit : “Simon !… C’est Jésus !” »[2]

  1. La vendeuse de Francfort comme exemple de culte du cœur

Ce témoignage est rapporté par Edith Stein, philosophe et théologienne allemande d’origine juive. Elle est la première femme devenue docteur en philosophie en Allemagne et la première à avoir demandé officiellement que les femmes soient admises à présenter une habilitation au professorat. Devenue religieuse carmélite, elle prend le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. La première étape de sa conversion a été une expérience marquante lors de la visite d'une cathédrale à Francfort-sur-le-Main où elle rencontre une femme venant du marché qui entre, fait une courte prière, comme une visite, puis s'en va. Stein explique : « C’était pour moi quelque chose de tout à fait nouveau. Dans les synagogues et les temples que je connaissais, quand on s’y rendait, c’était pour l’office. Ici, au beau milieu des affaires du quotidien, quelqu’un pénétrait dans une église comme pour un échange confidentiel. Cela, je n’ai jamais pu l’oublier ». Edith Stein, sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, a été canonisée par le pape Jean-Paul II le 11 octobre 1998.

  1. « Donnez plutôt en aumône [à Dieu] ce qui est au-dedans [votre cœur], et alors tout sera pur pour vous. » (Lc 11, 41).

Nous voulons, comme les exemples évoqués, avoir un bon cœur et vouer à Dieu un culte qui parte vraiment du cœur. Mais la parole de Dieu dit : Le cœur de l’homme est compliqué et malade. Le cœur des fils d’Adam est plein de malice  Qui peut le guérir ? « Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes. » (Jr 17, 9-10 ; Qo 9, 3). Alors, ce que nous avons à faire, c’est de nous livrer sincèrement au Seigneur tels que nous sommes. Croyons tout simplement qu’il est là, vivons dans la sincérité en sa présence et avec ceux qui nous entourent. Accueillons la parole de Dieu et offrons-lui notre cœur pour qu’il le purifie. C’est dans ce sens que le Seigneur disait : « Donnez plutôt en aumône [à Dieu] ce qui est au-dedans [votre cœur], et alors tout sera pur pour vous. » (Lc 11, 41).

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