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Enseignements catholiques

L'expérience et l'intelligence de la foi


Père Adéchina Samson Takpé, Prêtre catholique

Publié par un utilisateur sur 24 Août 2021, 18:23pm

Catégories : #Présentations

Il s’agit dans cet article d’une brève présentation du propriétaire du blog. L’objectif est d’aider les utilisateurs à mieux comprendre les diverses interventions. Les membres qui le veulent peuvent aussi se faire mieux connaître. Ceci créera une meilleure atmosphère de convivialité et un meilleur horizon de compréhension des diverses publications.

 

 

 

Sommaire

 

1. Biographie

2. Guérison miraculeuse en 2005

3. Enseignements à la radio et sur YouTube: l'expérience et l'intelligence de la foi

4. Travaux de recherche et publications

5. Compréhension de la vie et du ministère du prêtre (Mc 3, 13-15) : en marche vers un renouveau sacerdotal

 

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Samson TAKPE naît de Albert TAKPE et Hélène ADISSA le 28 juillet 1985 à Koko dans la commune de Bantè en République du Bénin (Afrique de l’ouest). Le lendemain, 29 juillet, il est baptisé solennellement par le Révérend Père André Afounana Ballé. Le 10 juillet 1995, il fait sa première confession sacramentelle préparatoire à la première communion qu'il reçoit le 11 juillet 1995 des mains du Père Hippolyte EWINSOU. Un an plus tard, le 21 juillet 1996, il est confirmé par son Excellence Mgr Antoine GANYE, évêque de Dassa-Zoumé[1]. Après les études primaires faites à l’Ecole Primaire Publique de Koko de 1991 à 1996, il passe en juin 1996 l’examen du CEP, Certificat d’Etudes Primaires. L’année scolaire suivante, il fait la sixième au CEG (Collège d’Enseignement Général) de Bantè. A la fin de l’année, il passe le test d’entrée au séminaire et y est admis avec plusieurs autres candidats. C’est alors que commence la deuxième étape de sa vie. Le 1er octobre 1997, il fait son entrée au petit séminaire Saint Joseph du lac d’Adjatokpa. Là, il fait deux ans, validant respectivement les classes de septième et de sixième. En octobre 1999, il est admis au séminaire Saint Paul de Djimè (Abomey). Il y fait respectivement les classes de cinquième, quatrième et troisième de 1999 à 2002. En juillet 2002, il réussit avec toute sa classe à l’examen du BEPC (Brevet d’Etudes du Premier Cycle). De 2002 à 2005, il fait les classes de seconde, première et terminale au Séminaire Notre-Dame de Fatima. Celui-ci, contrairement aux précédents séminaires, se situe plus au nord du pays dans la ville de Parakou. A l’examen national du baccalauréat, session unique d’août 2005, toute la promotion est admise : 64 candidats. Le cursus de formation des séminaristes au Bénin prévoit après le bac une année de spiritualité au Séminaire Propédeutique Saint Joseph de Missérété. L’année académique 2005-2006 servit à cette fin. Après cette année de discernement, commença la formation au grand séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji. De 2006 à 2008, ce fut le cycle de philosophie. L’année 2008-2009 servit au stage canonique. Celui-ci eut lieu au séminaire Notre-Dame de Fatima (Parakou). Là, on lui confia la charge de secrétaire de l’administration et de secrétaire adjoint du Conseil des professeurs, puis l’enseignement du latin et de l’allemand en classe de seconde. Après le stage canonique, il retourna au séminaire de Tchanvédji pour quatre ans de théologie : de 2009 à 2013. La fin de chaque année académique fut couronnée par les ministères et ordinations. Ainsi, le 10 septembre 2010, il fit le rite d’admission, la prise de soutane et le lectorat sur la paroisse Saint Jean-Marie Vianney de Savè. Le 6 août 2011 suivit l’acolytat sur la paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Savalou puis le 25 août 2012, ce fut le diaconat au Sanctuaire Marial Notre-Dame d’Arigbo de Dassa-Zoumé. Après le stage diaconal, il est ordonné prêtre le 28 juin 2014 au Sanctuaire Marial Notre-Dame d’Arigbo de Dassa-Zoumé par son Excellence Mgr Brian Udaigwe, nonce apostolique près le Bénin et le Togo.

Le Révérend Père Adéchina Samson Takpé est alors envoyé comme vicaire sur la paroisse Saint Jean-Paul II de Dassa qui venait d'être créée (13 septembre 2014). Il forme ainsi avec le père Albert Dossa Ogougbé, curé fondateur, la première équipe sacerdotale. La nouvelle paroisse combinait deux paroisses, celle du quartier Latin-Zongo de Dassa et celle de Tré. L'équipe sacerdotale et le comité paroissial s'attelèrent à la tâche et l'on put très tôt mettre sur pied les diverses structures paroissiales (catéchèse, célébration des sacrements, chorales, groupes de prière et de service, etc.), lancer la construction de l'église paroissiale à Dassa, dont la pose de la première pierre eut lieu le 8 février 2015, puis poursuivre les travaux de construction au niveau des autres églises : Tré, Lèma-Tré, Kpékpédé, etc. Après deux ans d’expérience pastorale, de 2014 à 2016, l'abbé Samson Takpé se rendit à l’institut Goethe de Lomé (octobre 2016 - avril 2017) pour renforcer ses connaissances germanistiques en vue des études en Allemagne. Il y obtint les certificats de langue A2, B1 et B2. Le lundi 23 octobre 2017, il s’envolait pour l’Allemagne.

Après quatre mois de cours de langue, grâce auxquels furent respectivement obtenus les certificats de langue C1, Wissenschaftssprache et TestDaF, les études proprement dites commencèrent à la faculté théologique de Trèves le 1er avril 2018. L’abbé Samson loua une chambre dans le monastère du Saint-Esprit, Heilig-Geist-Kloster, et y demeura 3 ans. Sous la direction de Prof. Dr. Klaus Peter Dannecker, il fit sa licence canonique en théologie, option liturgie, sur le thème : "l’inculturation de la liturgie face au dynamisme actuel des cultures et des sociétés". Pour des raisons de santé, Prof. Dr. Klaus Peter Dannecker dut en 2020 renoncer à l’enseignement et abandonner la chaire de liturgie à la faculté théologique de Trèves. Celle-ci devint alors vacante, ce qui obligea Adechina Samson Takpé, une fois la licence canonique finie, à changer à la fois de directeur de thèse et d’université. C’est à la Vinzenz Pallotti University que sous la direction du Prof. Dr. habil. Andreas Redtenbacher il poursuit ses études doctorales. Membre du "cercle de travail en science liturgique" (Arbeitskreis Liturgiewissenschaft) rassemblant la faculté théologique de Trèves et celle de Vallendar, il participe aux colloques des doctorants en liturgie (Doktorandenkolloquium) et aux symposiums liturgiques internationaux (liturgiewissenschaftliches Symposion) organisés conjointement par la fondation autrichienne Klosterneuburg (Stift Klosterneuburg), l'institut Pius Parsch (Pius-Parsch-Institut), l'institut liturgique allemand (Deutsches Liturgisches Institut), la faculté théologique de Trèves et la faculté théologique de Vallendar.

 


[1] Le souvenir de la première confession et de la confirmation reste vivace, parce qu'au sortir de cette première confession, il se sent si léger qu'il vacille. Après la confirmation à Bantè, alors qu'il est à vélo sur le chemin de retour à Koko, il est rempli de joie, de force et d'assurance et se sent comme prêt au martyre. Le Veni Sancte Spiritus en yoruba, exécuté lors de la réception du sacrement de la confirmation, reste son chant favori d'invocation à l'Esprit Saint.

Adechina Samson Takpé dans Air France (AF 805) en direction de Paris le 23 octobre 2017

Adechina Samson Takpé dans Air France (AF 805) en direction de Paris le 23 octobre 2017

Voici comment il relate lui-même l’événement dans son opuscule Témoignage de ma guérison miraculeuse. Comprendre le culte marial :

En l’an 2005, j’étais en classe de terminale au Séminaire Notre-Dame de Fatima (Parakou) en République du Bénin. Un jour – au second semestre de l’année académique 2004-2005 –, je  commençai à sentir une douleur du côté droit du bas-ventre. Vu que la douleur persistait et qu’elle avait commencé après un mauvais rêve, je commençai à redouter une attaque maléfique et sollicitai une prière de libération auprès du Père Gildas VIGAN, prêtre de l’archidiocèse de Cotonou alors formateur au séminaire de Parakou. Il accepta et fit sur moi une prière de libération avec imposition de la Croix. A la fin de la prière, il m’appela : « Samson ! » Et je répondis : « Oui, mon Père, cette prière est vraiment belle ! » – C’était en effet la première fois que j’entendais une telle prière ! – Cette réponse inattendue le fit sourire. Il me fit alors comprendre qu’il ne constatait chez moi aucun signe d’attaque maléfique et que je devais plutôt me rendre à l’infirmerie si le mal persistait. Le mal persista. Je me rendis donc à l’infirmerie du séminaire pour y suivre les soins. Mais j’allais de plus en plus mal. Je n’arrivais même plus à marcher droit, je marchais courbé. La sœur infirmière, sœur Félicité FAGBITÈ, me conseilla alors d’aller pour la consultation au grand hôpital de Parakou, Centre Hospitalier Départemental du Borgou. J’y allai et le médecin diagnostiqua une « appendicite aiguë à opérer dans les 24h » (pour reprendre ses propres mots). Coup de tonnerre !

A cette nouvelle, je dus rester à l’hôpital et la sœur infirmière revint au séminaire chercher le nécessaire pour l’hospitalisation. L’opération eut lieu dans la soirée. Malheureusement, elle dura plus que prévu, parce que l’appendice dans son inflammation s’était démesurément allongé et compliqué. Peu s’en fallait que l’inflammation, selon les explications du chirurgien, ne dégénérât en péritonite. La péritonite est une inflammation aiguë, localisée ou généralisée, de la fine membrane qui tapisse les organes présents dans l'abdomen : le péritoine. Sa cause est le plus souvent une infection liée à la perforation d'un organe abdominal dans le péritoine. Cette inflammation assez grave peut déboucher sur la mort si elle n’est pas traitée, car la surface péritonéale étant interne, les conséquences locales et générales sont très rapides. De par le risque de septicémie, la péritonite est donc une urgence chirurgicale mettant en jeu le pronostic vital. On comprend alors pourquoi le chirurgien voulut faire l’opération sans délai. L’opération fut donc faite mais dura plus que prévu. Ce qui m’occasionna bien des douleurs à la salle de réanimation, puisque l’effet de l’anesthésie ne tarda pas à s’épuiser. Heureusement, je pus bénéficier de la sollicitude d’une infirmière originaire de chez moi et qui travaillait dans l’hôpital, Madame Antoinette GNIMASSOUN. Elle me donna des anti-douleurs (pour la première fois, je sus que ce n’était pas tous les médicaments qui s’administraient par voie orale…).

Après un bref séjour à l’hôpital, je revins au séminaire pour passer le temps de convalescence à l’infirmerie. Là, je bénéficiai régulièrement de la sollicitude de la sœur Bienheureuse BOUCO ocpsp chargée de la restauration au séminaire. Elle veilla sur mon alimentation pendant tout le temps de la convalescence. Mais je n’arrivais toujours pas à marcher droit. Je me tenais à l’entrée de l’infirmerie du séminaire, contemplant avec admiration mes camarades marcher droit, posant les pas l’un après l’autre sans tomber. Cela me semblait un mystère, c’était comme si moi je ne l’avais jamais fait auparavant. Le médecin expliqua que certains nerfs moteurs avaient été atteints et qu’en conséquence, je risquais de marcher courbé toute ma vie. Il l’expliqua d’abord en particulier à la sœur, puis finit par me le dire moi-même ouvertement afin de m’inviter à faire plus d’efforts pour me redresser, parce qu’il pensait que je n’en faisais pas suffisamment, ce qui n’était pas le cas. Je quittai l’hôpital plein d’inquiétudes pour mon avenir. La sœur infirmière me conseilla alors de faire la « Neuvaine à Marie qui défait les nœuds ». Je commençai la neuvaine. Quelques jours après, je quittai le séminaire pour me rendre chez moi – selon la coutume dans les séminaires –, à Koko dans la commune de Bantè, afin que ma famille puisse mieux prendre soin de moi. Je poursuivais néanmoins la neuvaine proposée par la sœur. Et au 8e jour, quelque chose d’insolite allait se produire dans ma vie. J’étais couché, je ne sais plus si j’étais en éveil ou si je dormais, je pense que ce devait être un demi-sommeil. Je sentis comme si une douce main prenait mon pied malade et le tournait. Et c’était fini ! J’avais de la peine à y croire. Je me levai et commençai à marcher droit. Dans mon bonheur, je sortis de la chambre pour aller me balader. Je me revois encore, marchant à pas pressés sur la voie d’Agoua qui passe par Akatakou. Je ne voulais plus m’arrêter de peur que mon pied ne se bloquât à nouveau. Mais non, j’étais guéri, j’étais guéri et je marche droit jusqu’à ce jour. Gloire à Dieu. La Vierge Mère de Miséricorde ne s’arrêta pas en si bon chemin. Je retournai au séminaire en vue de l’examen du baccalauréat. Et bien que ma santé ne m’eût point permis de me préparer comme il fallait, je fus admis avec mention ‘bien’. Que soient bénis les Saints Noms de Jésus et de Marie ![1]

Cette expérience restera pour lui un événement fondateur dans sa relation avec la Sainte Vierge et motivera son ministère de propagation de la dévotion mariale. Le 8 décembre 2005, il fait sa consécration solennelle à la Très Sainte Vierge après 12 jours + 3 semaines de préparation, comme le prévoit Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (cf. Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n. 227-233). Le pseudonyme "Marie-Samson de la Croix" est l'un des signes de cette consécration. 

 


[1] Samson Takpé, Témoignage de ma guérison miraculeuse. Comprendre le culte marial, Wrocław, 2021, p. 9-17.

Adechina Samson Takpé de retour du pèlerinage de Lourdes 10-16 août 2021

Adechina Samson Takpé de retour du pèlerinage de Lourdes 10-16 août 2021

Sur la paroisse saint Jean-Paul II de Dassa, le père Marie-Samson de la Croix fut à la fois vicaire, aumônier du Renouveau Charismatique Catholique et prédicateur à la radio Ilèma de Dassa-Zoumé. Cette expérience pastorale le conduisit très tôt sur le terrain de la théologie kérygmatique, de la catéchèse et de l’apologétique. Il fallait faire comprendre aux chrétiens et aux non-chrétiens certains points controversés de la doctrine catholique et certaines pratiques catholiques sujettes aux critiques comme le culte des images et des statues, le culte des saints, la prière pour les défunts, etc. Après deux années d’expérience, il commença à publier sur YouTube quelques-uns de ses enseignements donnés à la radio.

"L’expérience et l'intelligence de la foi", tel est le fil rouge de ces enseignements. La dénomination « enseignements catholiques » vient du mandat missionnaire laissé par le Christ à ses Apôtres : Allez enseigner toutes les nations ! Or, Jésus ne parle pas seulement d’enseignement mais aussi de signes qui accompagneront les croyants (cf. Mc 16, 15-18), d’où la notion d’expérience de la foi. L'enseignement vise non seulement à communiquer l'intelligence de la foi mais aussi à favoriser l'expérience de la foi par des rencontres personnelles avec Jésus Christ dans son Eglise et dans le monde. Et dans une certaine mesure, l'expérience précède l'intelligence, de sorte que l'homme croie pour comprendre (cf. Saint Augustin), la foi étant le meilleur moyen de connaissance (cf. Jean de la Croix).

  • Samson Takpé, Regard éthique sur la sauvegarde de la fidélité conjugale par le pacte avec la divinité Ògú chez les Itcha de Bantè. Mémoire de fin de cycle de théologie dirigé par Prof. Dr. Pierre Koulodji, Grand Séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji, juin 2013. Dans ce mémoire, l'auteur aborde un problème sociologique propre au peuple Itcha de la commune de Bantè, un sous-groupe yoruba du département des Collines au Bénin. Le problème est celui d'un "pacte signé avec la divinité Ògú pour réguler les relations au sein du couple, et notamment, pour garantir la fidélité de la femme au foyer". L'auteur explique : "Cet accord au carrefour du mythique et de l’irrationnel de l’éthique restaurée, signé depuis les temps immémoriaux, se renouvelle ipso facto de génération en génération chaque fois qu’un Itcha épouse une femme et l’intègre officiellement au foyer en lui procurant les ustensiles de cuisine. Mais avec l’essor de la modernité, une indignation sourd dans les esprits qui se voient insérés bon gré mal gré, en tout cas sans préavis, dans un contrat ancestral auquel ils n’ont pas souscrit. Un malaise particulier gagnera la conscience des couples chrétiens qui, cooptés à leur corps défendant dans l’engrenage d’une alliance indéniablement occulte, se demandent si le premier commandement de Dieu n’a pas d’avance fait naufrage dans leur vie : Idolâtrie ! Syncrétisme ! Double appartenance tout au moins sporadique ! Face à ces malaises, embarras et perplexités, notre regard éthique projette le phare de la doctrine chrétienne sur le phénomène afin de distinguer le bon grain de l’ivraie, décelant les germes de transition d’une théologie de la rétribution à une théologie de la libre fidélité ou de la liberté responsable. (...) Une fois libérés à la fois de la férule de Ògú et de l’emprise de la chair, les Itcha marcheront sous la seule impulsion de l’Esprit Saint sur les chemins du Royaume." 
  • Samson Takpé, « West African Vodún Cult and Christian Liturgy », dans Kiss Gábor (éd..), Abstracts of the 10th Jubilee conference of junior theologians and doctorals students, Budapest, 2020, ISBN: 9786155586552, p. 137-139. Du 28 février au 1er mars 2020, Adechina Samson Takpé participe au 10e symposium théologique international jubilaire des jeunes chercheurs et théologiens à Eger en Hongrie. Il y fait un exposé sur le thème : « West African Vodún Cult and Christian Liturgy » (Culte vodún ouest-africain et Liturgie chrétienne). Après une brève présentation du Vodún dans son histoire légendaire et sa phénoménologie, le conférencier met en parallèle les deux cultes puis défend le point de vue suivant : « Tout bien pesé, en considération de l’Eucharistie, source et sommet de la Liturgie chrétienne, où Jésus Christ lui-même, le Fils de Dieu, ‘comme l’Autel, le Prêtre et la Victime’ s’offre pour le salut du monde, et eu égard aux différences essentielles entre les deux cultes, il n’est nullement question, d’un point de vue chrétien, de mettre sur la balance la polylatrie, le culte des esprits, le culte des ancêtres et le culte des statues-vodún comme pendants valables respectifs de l’adoration du Dieu Un et Trine, du culte des anges, du culte des saints et du culte chrétien des statues. Il s’agit plutôt de voir en ces éléments des jalons pour une inculturation adéquate qui, sur la base d’une herméneutique approfondie, opère à la fois les ruptures nécessaires et les ponts salutaires[1]. » Contre toute attente, cette conférence est largement relayée sur Wikipedia en diverses langues à partir de la version originale anglaise.
  • Samson Takpé, Inkulturation der Liturgie angesichts der gegenwärtigen Dynamik der Kulturen und Gesellschaften, Mémoire de licence canonique dirigé par Prof. Dr. Klaus Peter Dannecker, Theologische Fakultät Trier, 3 février 2021. Dans la première partie de ce travail, l’auteur analyse l’inculturation liturgique sous l’angle de l’anthropologie christologique, la mettant respectivement en relation avec l’Incarnation, le Mystère pascal et la Pentecôte. Dans la deuxième partie, il entreprend un exposé critique des orientations données par le Magistère dans le cadre de la mise en pratique concrète de l’inculturation liturgique. Ici, il se rend compte qu’il y a besoin de mise à jour. Déjà en 2001, la publication de la 5e Instruction de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements Liturgiam Authenticam pour la correcte Application de la Constitution sur la Sainte Liturgie du Concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium, art. 36) avait rencontré beaucoup de critiques de la part des biblistes (Böhler, Repschinski, etc.) et des liturgistes (Klöckener, Kranemann, Odenthal, Meyer, etc.). Tandis que les premiers désapprouvaient le choix de la Nova Vulgata comme texte biblique normatif, les derniers reprochaient à l’instruction de ne pas favoriser l’actuosa participatio (SC 14) à cause de la rigidité de ses indications. L’on se souvient notamment de la violente attaque du liturgiste Kaczynski, dans son article « Angriff auf die Liturgiekonstitution ? », et de la réplique de Ratzinger, dans sa contribution « Um die Erneuerung der Liturgie. Antwort auf Reiner Kaczynski », articles publiés tous deux dans le journal Stimmen der Zeit 219 (2001). Adechina Samson Takpé revient sur ces controverses pour les évaluer à l’aune de l’actualité. En outre, il fait remarquer que contrairement à ce que disent les articles 7 et 8 de l’instruction Varietates Legitimae, « les pays d'ancienne tradition chrétienne occidentale » n’ont pas moins besoin d’inculturation que les jeunes Eglises, étant donné la grande déchristianisation de l’Europe et le fait que l’inculturation doit être comprise comme un processus permanent et un devoir de chaque génération. Enfin, l’auteur fait constater que dans beaucoup d’Eglises particulières et locales, les conditions et critères d’une traduction fiable, tels que définis par Sacrosanctum Concilium (44-46) et Liturgiam Authenticam (art. 75, 79, 126 et 128) ne sont pas remplis. La troisième partie du travail aborde les défis que pose le dynamisme actuel des cultures et des sociétés à l’inculturation de la liturgie. Tout bien pesé, l’auteur préconise : 1. une nouvelle compréhension de la catholicité qui prenne toute la mesure du phénomène de la mondialisation 2. l’herméneutique interculturelle comme tâche constitutive de la théologie de l’inculturation et de sa mise en œuvre concrète 3. l’annonce kérygmatique comme prérequis et centre de l’inculturation liturgique ; sans quoi celle-ci prétendrait nourrir une foi qui n’est pas encore née[2]. 4. la formation liturgique à intégrer au processus de l’inculturation puis 5. le témoignage chrétien comme pierre de touche et couronnement de tout le processus. Parce que l’inculturation aura été inutile si elle ne fait pas marcher sur le chemin des béatitudes (cf. Mt 5, 3-16) et porter les fruits de l’Esprit (cf. Ga 5, 22-23). 
  • Samson Takpe, Theologische Schwierigkeiten des jüdisch-christlichen Dialogs in der Alten Kirche. Auf den Spuren von H. J. Schoeps, München, GRIN Verlag, 2019, ISBN: 9783346482891. (Les difficultés théologiques du dialogue judéo-chrétien dans l'Eglise primitive. Sur les traces de H. J. Schoeps)
  • Samson Takpe, Bedeutungsgewinn religiöser Erscheinungen in der Spätmoderne am Beispiel des Vodún. Herausforderung für die Pastoraltheologie, München, GRIN Verlag, 2020, ISBN: 9783346482952. (L'importance croissante des phénomènes religieux à l'époque postmoderne, un défi pour la théologie pastorale : exemple du Vodún).
  • Samson Takpe, Erfahrung als theologische Kategorie bei Astrid Heidemann. Korrelation und Inkulturation in der Erfahrungstheologie, München, GRIN Verlag, 2018, ISBN: 9783346492531. (L'expérience comme catégorie théologique chez Astrid Heidemann. Corrélation et inculturation dans la théologie de l'expérience).

A partir du 20 juillet 2021, Samson Takpé entreprit la mise à jour, l’amélioration et la publication en autoédition sur Amazon de quelques-uns de ses enseignements. Parmi les titres publiés, on peut mentionner :

 

[1] Samson Takpe, « West African Vodún Cult and Christian Liturgy », dans Kiss Gábor (dir.), Abstracts of the 10th Jubilee conference of junior theologians and doctorals students, Eger, 28 February - 1 March 2020, Budapest, 2020, ISBN: 9786155586552, p. 137-139, ici : p. 138.

[2] Il s’explique : "Au jour de la pentecôte, le kérygme fut proclamé et chacun l’entendit dans sa langue et dans sa culture. Dans l’Eglise primitive, kérygme et inculturation étaient liés, ce qui a contribué à l’expansion de l’Evangile et à l’enracinement de la foi. La séparation qui de nos jours se fait remarquer est contreproductif. Sans l’annonce kérygmatique comme son prérequis et son centre, l’inculturation liturgique court le risque d’être une simple affirmation d'identité culturelle qui ne fait nullement grandir dans la foi. Par ailleurs, il y en a aussi, notamment dans le Renouveau Charismatique, qui ne veulent que le kérygme et méprisent l’inculturation. C’est une erreur. Car, en raison de l’incarnation culturelle ou de l’inculturation primitive de l’Objet même du kérygme, le message chrétien représente dès l’origine quelque chose d’inculturé. Même la première annonce au jour de la pentecôte ne pouvait être compris sans le prérequis de la longue tradition juive. Dans les premières heures du christianisme, le kérygme vint donc en premier, mais le kérygme n’était pas culturellement désincarné. Le kérygme est transculturel – vaut donc pour toutes les cultures – mais pas métaculturel – en dehors des cultures – parce que le Verbe s’est fait chair et a établi sa tente dans les cultures. En conclusion, il est à retenir que l’inculturation liturgique et la proclamation kérygmatique devraient former une unité" (A. Samson Takpé, Inkulturation der Liturgie angesichts der gegenwärtigen Dynamik der Kulturen und Gesellschaften, mémoire de licence canonique dirigé par Prof. Dr. Klaus Peter Dannecker, Theologische Fakultät Trier, 3 février 2021, p. 97).

A Schönstatt-Institut chez les "frères de Marie" à Vallendar en Allemagne, Pentecôte 2022.

A Schönstatt-Institut chez les "frères de Marie" à Vallendar en Allemagne, Pentecôte 2022.

L'abbé Samson Takpé pense que l'Eglise marche vers un renouveau sacerdotal. Dans une réflexion intitulée "En marche vers un renouveau sacerdotal" en date du 5 mai 2022, il décrit les traits caractéristiques d'un tel renouveau : « Pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle, avec le pouvoir de guérir toute maladie et toute infirmité. » (Mc 3, 14; Mt 10, 1). Cette description de la mission des Apôtres comporte un triple appel : 1- être avec lui 2- être envoyé proclamer la bonne nouvelle 3- avec le pouvoir de guérir toute maladie et toute infirmité. Le premier appel est un appel à la vie contemplative par l’oraison et l’adoration (dimension mystique). Le deuxième appel est un appel à posséder la saine doctrine et à savoir la communiquer (dimension doctrinale). Le troisième appel est un appel à libérer l’Homme de toute entrave à son bonheur, ce qui se fait par les œuvres de miséricorde et l’exercice des charismes (dimension charismatique). Le renouveau sacerdotal va s’axer autour de ces trois fondamentaux de l’appel. L’harmonie des trois dimensions (mystique, doctrinale et charismatique) constituera sa marque spécifique. S’ouvrir à l’Esprit dans l’optique du renouveau consiste donc à travailler personnellement et collectivement autour de ces trois axes. En définitive, il s’agit d’un renouveau de l’amour, car « être avec lui », c’est apprendre à l’aimer, et « proclamer la bonne nouvelle » avec des signes de miséricorde et de salut, c’est aimer les âmes. Il est qualifié de « sacerdotal », non parce qu’il concernerait seulement les prêtres, mais parce qu’il est un don du Cœur Sacerdotal de Jésus pour l’Eglise de ce temps et des temps à venir.

Dans une autre réflexion intitulée "Le renouveau sacerdotal" et datée du 21 mai 2022, le père Takpé écrit: Le renouveau sacerdotal est l’exercice des trois fondamentaux de l’appel dans la plénitude du Saint-Esprit. Il découle d’une effusion renouvelée de l’Esprit Saint pour vivre les trois dimensions de l’appel selon le Cœur de Jésus. D’un point de vue systématique, on peut définir le renouveau sacerdotal soit à partir de sa source soit à partir de sa mission soit à partir de la lettre Iuvenescit Ecclesia qui reste le support magistériel allant dans ce sens.

  • Définition à partir de la source : le renouveau sacerdotal est un retour transformant au Cœur de Jésus par la puissance de l’Esprit, un débordement des fleuves d’eau vive jaillissant du Cœur de Jésus pour des temps nouveaux.
  • Définition à partir de la mission du sacerdoce, c’est-à-dire des tria munera que sont l’enseignement, la sanctification et le gouvernement : le renouveau sacerdotal est une découverte expérientielle de la puissance de l’Esprit Saint opérant dans la triple fonction sacerdotale. Cette triple fonction sacerdotale ne concerne pas seulement les ministres ordonnés mais chaque baptisé. Chacun l’exerce selon sa condition propre (cf. can. 204). De ce point de vue, le renouveau sacerdotal fera prendre davantage conscience aux fidèles et aux ministres ordonnés de quel pouvoir ils sont investis en vue de la mission que Dieu a confiée à l’Eglise.
  • Approche magistérielle : la lettre Iuvenescit Ecclesia de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur la relation entre les dons hiérarchiques et charismatiques pour la vie et la mission de l’Église stipule : « L’Église rajeunit par la puissance de l’Évangile, et l’Esprit la renouvelle sans cesse, en l’édifiant et en la guidant grâce à la diversité des dons hiérarchiques et charismatiques». Partant, le renouveau sacerdotal est le rajeunissement de l’Eglise par la puissance de l’Evangile, le renouvellement du Corps Mystique du Christ par l’Esprit Saint qui l’édifie et le guide grâce à l’harmonie des dons hiérarchiques et charismatiques.

Dans sa "prière pour le renouveau sacerdotal" en date du 17 mai 2022, il prie pour qu'à la prière de Marie, le Seigneur laisse déborder les fleuves d’eau vive qui coulent de son Cœur transpercé afin qu’adviennent les cieux nouveaux et la terre nouvelle.

Par ailleurs, pour l'abbé Takpé, prendre la mesure de l’impératif missionnaire « vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8) à l’ère des réseaux sociaux et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, c’est mettre tous ces moyens au service de l’annonce de l’Evangile. De fait, ils offrent la possibilité d'évangéliser instantanément jusqu'aux extrémités de la terre.

 

Père Adechina Samson Takpé, concélébrant à la messe de l'Assomption au pèlerinage de Lourdes 2021

Père Adechina Samson Takpé, concélébrant à la messe de l'Assomption au pèlerinage de Lourdes 2021

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